Mise en œuvre de l’objectif de Zéro artificialisation nette à l’échelle des territoires

TRIBUNE – La lutte contre l’artificialisation des terres est un défi pour notre société

« C’est un défi vital car l’artificialisation des terres est une cause majeure de dégradation de notre environnement, qui porte atteinte aux cycles de la vie. En moins de 40 ans, les surfaces artificialisées de France ont augmenté de 173%. La Convention citoyenne pour le climat a d’ailleurs identifié ce fléau comme l’une des pressions sur laquelle il fallait agir avec force. L’artificialisation appauvrit les sols à vocation agricole. La destruction et la fragmentation des espaces naturels constituent une menace pour la biodiversité. L’imperméabilisation des sols peut accélérer le ruissellement des eaux pluviales, accroître la vulnérabilité aux inondations et dégrader la qualité chimique et écologique des eaux. L’étalement urbain affecte la qualité de vie. Il conduit à distendre les liens sociaux, accroître le temps passé dans les transports, à privilégier le recours à la voiture individuelle et donc à augmenter les consommations d’énergie ainsi que les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques.

C’est un défi sociétal car la lutte contre l’artificialisation interroge nos modes de vie et d’organisation de la société. Les besoins de logement ou de logistique doivent pouvoir être satisfaits tout en maîtrisant leur impact sur l’artificialisation. Dans ce domaine, la recherche de sobriété doit s’imposer. Pourtant, les principes sur lesquels s’appuie la construction de la ville durable sont sujets à controverse pour certains d’entre eux. La densité par exemple, est perçue par certains Français comme une notion « repoussoir », alors même qu’elle participe d’un modèle vertueux et contribue à la qualité du cadre de vie quand elle est bien pensée. La crise sanitaire a renforcé l’appétence pour la maison individuelle et l’attractivité des villes moyennes au détriment des métropoles. Il s’agit de réconcilier préservation des espaces naturels et qualité de vie dans l’habitat et les quartiers.

Le défi est aussi technique. L’expertise, l’ingénierie et le partage des connaissances doivent nous aider à élargir la palette de solutions : mesures de planification, aménagements et constructions qui apportent confort tout en limitant l’emprise au sol, mécanismes financiers notamment pour restaurer des espaces naturels dégradés, Solutions fondées sur la Nature, gestion alternative des eaux pluviales, etc.

Un défi inspirant car il doit aussi nous permettre d’inventer de nouvelles formes urbaines pour une meilleure reconnexion à la Nature, élément indispensable de notre bien-être et de protection de l’environnement. Cette publication de CDC Biodiversité est une occasion pour les aménageurs et les maîtres d’ouvrage de relever ce défi ».

EMMANUELLE WARGON – Ministre déléguée chargée du Logement

BÉRANGÈRE ABBA  Secrétaire d’État chargée de la biodiversité

Sommaire

Édito de :
> Marc Abadie, Président de CDC Biodiversité
> Bernard Chevassus-au-Louis, Président d’Humanité et Biodiversité

Tribune co-signée par :
Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement
> Bérangère Abba, Secrétaire d’État chargée de la biodiversité

Introduction :
> Quelques repères autour de l’artificialisation
> Les impacts de l’artificialisation

COMPRENDRE – Lutter contre l’artificialisation et désartificialisation pour atteindre l’objectif de ZAN
> La lutte contre l’artificialisation
– Développer de nouveaux aménagements basés sur un besoin réel pour éviter de « sur-artificialiser »
– Mettre en place une densification viable par le renouvellement urbain
– Le développement de nouvelles formes urbaines plus denses

> La désartificialisation pour tendre vers l’objectif de ZAN
– La déconstruction, premier pas de la trajectoire de désartificialisation
– La désimperméabilisation pour des impacts positifs sur le cycle de l’eau
– La dépollution des sols
– La réhabilitation de sols fonctionnels
– La végétalisation des sites

INVENTER – Leviers à mobiliser pour accompagner la mise en œuvre de ces mesures et atteindre l’objectif de ZAN
> L’implication des acteurs dans la lutte contre l’artificialisation
> Réflexions sur une évolution de la séquence ERC
> La planification territoriale en lien avec l’objectif de ZAN
> Les leviers fiscaux pour lutter contre l’artificialisation

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