Biodiversité marine : enjeux écologiques et économiques

EDITO « Comme beaucoup l’ont remarqué tout en faisant la fête comme pour s’en réjouir, le 1er janvier dernier, c’est un 9 qui est venu se placer derrière le 1 pour remplacer le 8 qui lui-même remplaçait le 7, le 6, 5, 4… Le compte à rebours ne s’est donc pas arrêté. Le prochain sera un 0 et sonnera l’heure du bilan des engagements pris il y a 10 ans, qui reportaient déjà ceux de 1992 de la Convention de Rio sur la diversité biologique : stopper l’érosion de la biodiversité !

Au sein de ces accords internationaux, les objectifs d’Aichi fixent entre autres, à 10%, la surface de zones côtières à protéger d’ici 2020. Malgré les quelques mois qui nous en séparent encore, soyons lucides : le compte n’y sera pas. Ces zones qui sont le siège d’une forte productivité biologique et qui jouent un rôle fondamental dans le maintien des fonctions écologiques, sont pourtant soumises à des pressions de plus en plus fortes et atteignent aujourd’hui la limite de rupture. Les menaces sont nombreuses et variées (surexploitation des ressources, dégradation voire destruction des habitats, introduction d’espèces exogènes, pollutions chimiques, organiques, plastiques, …). 80% des pollutions marines sont d’origine terrestre et anthropique (PNUE). L’homme a la main pour agir sur toutes ces menaces par ses capacités techniques mais aussi par ses moyens économiques dont le niveau nécessaire pour agir efficacement n’est pas démesuré. En effet, on estime que moins de 0,5% du PIB mondial est suffisant pour permettre d’atteindre les objectifs d’Aichi. Or une étude de la Banque Mondiale estime que les biens et services issus des écosystèmes marins et côtiers génèrent plus de 20 billions de dollars à l’échelle mondiale soit environ 25% du PIB mondial. Quand les perspectives révèlent que 75% de la population mondiale vivra dans la zone côtière (0 à 50 km) en 2025, il ne s’agit donc plus seulement d’agir mais de réagir. D’expérimenter de nouvelles voies pour la restauration écologique des milieux marins, mais aussi de déployer de façon conséquente les méthodes qui ont déjà donné des résultats encourageants.

Nul besoin d’attendre la perfection et la certitude des résultats pour se lancer dans des actions réparatrices et constructives. Ne négligeons pas le fait que l’incertitude scientifique réserve souvent de bonnes surprises. Alors avant qu’un 0 ne vienne remplacer le 9, soyons collectivement audacieux et ne nous contentons pas des seules
déclarations et de leurs engagements, … tenons-les ! »

Philippe THIEVENT, Directeur de CDC Biodiversité

Sommaire

TRIBUNE – Philippe Cury, Directeur de recherche à l’IRD

COMPRENDRE – Biodiversité marine : pressions, poids économique et leviers économiques

  • Analyse du positionnement des acteurs quant à leurs impacts et dépendances à la biodiversité marine et à leur poids économique
  • Les mécanismes d’appui au développement de la restauration/protection écologique en mer

INVENTER – Compensation et restauration écologique en milieu marin : quelle application des mesures compensatoires en milieu marin ?

  • Restauration écologique des petits fonds côtiers – focus sur l’expérimentation REXCOR à Marseille
  • Restauration : gains écologiques et pérennité de l’action

INTERNATIONAL – Projet de restauration de mangroves de la Casamance et du Sine-Saloum (Sénégal)

INITIATIVES

  • Palme IFRECOR 2018
  • Lancement des zones humides éducatives en Guadeloupe
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