BIODIV’2050 N°1

EDITO : Alors que l’humanité a longtemps prospéré en appauvrissant le capital naturel, peut-elle aujourd’hui inventer de nouveaux itinéraires permettant de développer l’économie pour et par la biodiversité, et trouver les ressources scientifiques, techniques et financières suffisantes pour préserver, voire réparer, les écosystèmes ? L’ambition de la Mission Economie de la Biodiversité de la Caisse des Dépôts, lancée en 2012, est d’explorer les relations entre économie et biodiversité et d’apporter des réponses concrètes à ces questions.

Elle s’inscrit dans l’action menée par la Caisse des Dépôts en faveur de la biodiversité, déjà marquée notamment par la création de CDC Biodiversité, la signature de la Déclaration du Capital Naturel à Rio+20, et l’adhésion à la Stratégie Nationale pour la Biodiversité.
La Mission Economie de la Biodiversité est une mission d’étude, de recherche et de développement, financée par la Caisse des Dépôts et intégrée à CDC Biodiversité. Dotée d’un comité scientifique de haut niveau, elle se veut ouverte aux coopérations et a vocation à travailler en partenariat avec des organismes de recherche ou d’étude. Le produit de ses réflexions sera diffusé et mis à disposition de ceux qui réfléchissent à ces questions. Son activité sera focalisée sur ce qui conduit à des actions et à des réponses concrètes et applicables, notamment dans les champs de la compensation écologique, des paiements pour services écosystémiques et des activités à biodiversité positive.

La présente lettre est l’un des modes de diffusion de ses travaux. Nous avons choisi de l’appeler Biodiv’2050 car cet horizon revêt pour nous deux significations. D’abord, pour nous inscrire dans le temps de l’action car en matière d’espaces naturels, les décennies sont souvent l’unité de mesure pertinente pour obtenir et constater les résultats de nos interventions : installation d’une forêt, fixation de terrains instables, remise d’un espace sur une trajectoire écologique naturelle. Ensuite, parce que les études du GIEC et des services météorologiques de l’INRA montrent que 2050 est une époque charnière en ce qui concerne les rapports entre changement climatique et espaces naturels. C’est aux environs de la moitié du 21ème siècle qu’est annoncée l’installation d’un nouvel environnement auquel les écosystèmes actuels ne sont pas adaptés. C’est donc l’ordre de grandeur du délai dont nous disposons pour organiser pour autant que cela soit possible cette adaptation. Dès à présent, nous sommes ouverts à toute proposition se situant dans le champ d’action et de réflexion de la mission.

Sommaire

TRIBUNE : Crise économique, crise écologique : quelles opportunités ?

  • Entrevue croisée entre Gilles Boeuf, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle et Jacques Weber, économiste et anthropologue, Directeur de recherche retraité du CIRAD.

COMPRENDRE : Les Paiements pour Services Ecosystémiques en France : des vertus du concept aux défis de la mise en oeuvre.

INVENTER :

  • Focus : comment concilier biodiversité et rentabilité forestière, un exemple innovant au cœur du massif landais.
  • La biodiversité, un nouvel avenir pour la ville ?
  • Inventer de nouveaux modes de financement pour le rétablissement des continuités écologiques.

INTERNATIONAL :

  • La Caisse des Dépôts, premier signataire français de la Déclaration du Capital Naturel.
  • Une première étape vers la comptabilité environnementale ? Analyse du rapport sur la comptabilité des profits et pertes environnementales de la filiale allemande du groupe PUMA par l’économiste Michel Trommetter.

INITIATIVES

  • Vers un réseau français sur les paiements pour services environnementaux ? Par Alain Karsenty, socio-économiste au CIRAD.
  • Présentation du réseau international « Conservation Finance Alliance »