Biodiversité et ville durable

Les défis environnementaux présents et futurs sont plus que jamais au centre d’une vaste réflexion sur les mondes urbains. La ville s’est longtemps développée en opposition à la nature. Cependant, opposer la préservation de la biodiversité au besoin d’urbaniser ne peut conduire qu’à négliger les nouveaux enjeux environnementaux auxquels les villes de demain seront confrontées :

  • phénomènes de concentration urbaine (plus de la moitié de l’humanité vit désormais en ville) ;
  • raréfaction à terme des ressources pétrolières et minérales ;
  • impacts environnementaux des activités urbaines et des constructions.

Ceci, dans un contexte de fortes incertitudes sur l’impact du changement climatique, le vieillissement démographique et les capacités d’investissement et de financement des collectivités territoriales. Dans ce contexte, comment réinventer notre espace de vie ? Comment préserver et optimiser les services écosystémiques rendus par la nature en milieu urbain ?

La Mission Économie de la Biodiversité s’implique sur ces problématiques à travers des projets menés en collaboration avec des laboratoires de recherche. Il s’agit d’élaborer des préconisations techniques et opérationnelles qui pourraient s’appliquer à la ville existante et au design de nouveaux quartiers. Les recherches portent principalement sur le potentiel que représente l’utilisation du végétal en ville, l’identification des conditions préalables pour rendre un écosystème fonctionnel ainsi que l’optimisation des services écosystémiques rendus par la nature. Par ailleurs, la MEB s’attache à diffuser les enseignements qu’elle tire de ses travaux et son expertise au sein de groupes de travail mais aussi pour des guides opérationnels.

Toitures écosystémisées

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Les toitures écosystémisées constituent une opportunité majeure pour le rétablissement de la composante écologique des systèmes urbains, particulièrement dans les zones les plus denses. De plus, le potentiel de services écosystémiques rendus par ces toitures est élevé (réduction des îlots de chaleur, rétention des eaux pluviales, etc.) Or, dans la grande majorité de cas, les caractéristiques des toitures (substrat, épaisseur, végétaux plantés, entretien) ne permettent clairement pas de répondre à ces objectifs.

Le projet mené par la Mission Économie de la Biodiversité :

Un partenariat avec le laboratoire « Biogéochimie et Écologie des Milieux Continentaux » (Bioemco), sous la direction du Pr. Luc Abbadie, porte sur une étude des cycles biogéochimiques du carbone, de l’azote et de l’ensemble des nutriments dans le substrat. Cette étude est basée sur un protocole expérimental utilisant des bacs placés en situation réelle sur des toits parisiens. Les traitements expérimentaux appliqués permettront de comparer différentes caractéristiques, et en particulier les espèces plantées, leur diversité, le type et la profondeur du substrat. Par des relevés et observations, le fonctionnement des cycles sera comparé entre bacs d’un même site et entre sites.
Au-delà des arguments écologiques, les apports économiques de ces toitures se doivent d’être explorés. Il est en effet primordial d’en justifier l’intérêt pour les maîtres d’ouvrages, bailleurs ou propriétaires devant intégrer des toitures écosystémisées à leur projet. Enfin, la Mission aura aussi à charge de rendre concrètes et utilisables techniquement les préconisations issues de la thèse scientifique. Cela nécessitera entre autre de travailler sur les aspects d’assurabilité des bâtiments accueillant les types de toitures préconisées.

> La démarche et la plus-value :

Le projet doit aboutir à un nouveau modèle de toitures écosystémisées techniquement et écologiquement fonctionnel.

> Les résultats attendus :

Les toitures écosystémisées doivent permettre de créer de nouveaux habitats naturels en ville, contribueront à la restauration des continuités écologiques urbaines, et à la réduction des ilots de chaleur.

> En lire plus :

Lire l’interview du Pr Luc Abbadie

 

L’arbre en ville

?????????????????La présence d’arbres d’alignement en ville est communément admise comme bénéfique pour des raisons multiples : esthétique, dépollution de l’air, ombrage et réduction de la température en été, etc. Ces raisons sont toutefois souvent basées sur des croyances populaires et non des observations ou résultats scientifiquement valides. L’effet de réduction de chaleur urbaine semble admis, mais les chiffres qui circulent sur la différence de température entre une rue arborée ou non peuvent parfois atteindre plusieurs degrés. Sans qu’aucune étude scientifique ne vienne étayer ou infirmer de tels chiffres.

Il est important à la fois de décrire et d’évaluer réellement le phénomène, mais aussi de donner les conditions de plantation et d’entretien ainsi que les caractéristiques des espèces à utiliser. Ainsi, des préconisations sur le design urbain et l’intégration de l’arbre en ville pourront être données, en se basant sur de réelles connaissances scientifiques.

Le projet mené par la Mission Économie de la Biodiversité :

Un partenariat avec le laboratoire « Biogéochimie et Écologie des Milieux Continentaux » (Bioemco), sous la direction du Pr. Luc Abbadie, réalisera des observations et relevés sur des arbres urbains et leur zone d’implantation à Paris. Seront évalués : la provenance de l’eau utilisée par les arbres, l’efficience de leur utilisation à l’échelle individuelle, le potentiel évaporatif des espèces. La MEB abordera également la question sous l’angle du paysagisme et de la gestion des arbres et des espaces verts urbains.

> La démarche et la plus-value :

Ce projet s’inscrit dans une démarche globale visant a mieux comprendre et identifier les services écosystémiques rendus par les arbres en ville : comment utilise-t-il l’eau en ville ? Et quelles en sont les conséquences sur la régulation de la température ?
Tous les éléments de compréhension issus de ces travaux de recherche serviront à définir des préconisations de plantation et de gestion des arbres en milieu urbain.

> Les résultats attendus :

Comment mieux utiliser les arbres en ville afin de maximiser les services écosystémiques.

> En lire plus :
  • « Prospective Ville durable » : Ce groupe de travail, organisé par la Caisse des Dépôts et réunissant les filiales du Groupe, a permis un travail prospectif sur la ville de 2030. Les échanges ont permis de partager les enjeux de la ville durable, les facteurs et variables qui l’influeront. A partir de ces variables, 4 scénarii prospectifs ont été tracés. L’ambition de ce travail est de donner au Groupe une vision partagée de la ville durable, afin que chaque filiale puisse s’y référer pour déterminer une offre cohérente et durable.
  • Guide Ecoquartier et biodiversité : La Caisse des Dépôts et le Ministère de l’Egalité des Territoires et du Logement (METL) travaillent, dans le cadre d’une convention de partenariat, à la diffusion des bonnes pratiques en matière de ville durable et d’écoquartier. Après la publication d’un ouvrage intitulé « EcoQuartier, l’art de conjuguer » qui présente les réflexions indispensables à mener par les porteurs de projets d’écoquartiers pour conduire à leur concrétisation, la CDC et le METL produisent un guide dans la même collection sur le thème « Biodiversité dans les EcoQuartiers ».