Le Plan Biodiversité du gouvernement souhaite généraliser l’évaluation de l’empreinte biodiversité permise par le GBS

Le 4 juillet dernier, Nicolas Hulot, Ministre de la transition écologique et solidaire a présenté le Plan Biodiversité 2018-2024.
Ce Plan propose 90 actions définissant les priorités et la vision du gouvernement pour la biodiversité. CDC Biodiversité se félicite d’y retrouver plusieurs sujets au cœur de ses travaux actuels : empreinte biodiversité et Global Biodiversity Score (GBS), solutions fondées sur la nature et programme Nature 2050, compensation écologique, nature en ville, transition écologique et agriculture, etc.

Les actions 30, 31 et 32 sont particulièrement prometteuses pour le Club des entreprises pour une biodiversité positive (B4B+), qui regroupe une trentaine d’entreprises souhaitant évaluer leur empreinte biodiversité et soutenant le développement de l’outil d’évaluation de l’empreinte biodiversité développé par CDC Biodiversité, le GBS.

Action 30 : « Dès 2018, nous lancerons des travaux pour inciter les entreprises à qualifier leur empreinte biodiversité. Dans ce cadre, nous soutiendrons les travaux visant à définir un indicateur d’impact sur la biodiversité comparable à la tonne de CO2 pour l’impact climatique. Quand cette empreinte biodiversité sera qualifiée, nous généraliserons son utilisation et nous porterons au niveau européen la publication obligatoire de cet indicateur dans le cadre de la révision RSE prévue en 2020. La plateforme française pour la RSE sera mobilisée dès 2018 pour faire des propositions dans cette perspective. »

La France se fixe un haut niveau d’ambition avec la généralisation de l’évaluation de l’empreinte biodiversité pour les entreprises, en France mais également en Europe. Un tel objectif était encore inenvisageable il y a quelques années, mais avec le développement d’outils de quantification tels que le GBS, le régulateur souhaite rendre obligatoire ce qui est désormais techniquement possible. La publication régulière de l’empreinte biodiversité des entreprises, au même titre que leur empreinte carbone, amènera ces dernières à réfléchir aux leviers pour réduire cette empreinte, et permettra à la société civile de suivre l’évolution de leur performance.

Action 31 : « D’ici 2022, nous accompagnerons 4 filières prioritaires (bâtiments et matériaux, agro-alimentaire, énergie, chimie) pour qu’elles réduisent significativement leur empreinte biodiversité sur toute la chaîne de production et d’approvisionnement. Il s’agira pour chacune d’entre elles d’identifier les leviers qui lui sont propres et de travailler, en fonction des besoins, à des trajectoires et scénarios permettant l’évolution des pratiques et aux mesures réglementaires, incitatives ou méthodologiques nécessaires à leur mise en œuvre (guides, labels, outils incitatifs, mesures réglementaires, engagements pour la croissance verte, etc.), en lien avec les comités stratégiques de filière. »

Un des objectifs fondamentaux du GBS est d’évaluer l’empreinte le long de la chaîne de valeur et en particulier de la chaîne d’approvisionnement (« scope 3 » dans le vocabulaire carbone). Le Club B4B+ a mis en place un groupe de travail spécifique sur cette question de la chaîne de valeur.

Action 32 : « Nous renforcerons les critères biodiversité des labels de finance verte. En particulier, nous travaillerons sur les labels Transition énergétique et écologique pour le climat et Financement participatif pour la croissance verte pour inciter les investisseurs et les épargnants à mieux prendre en compte la biodiversité dans leurs stratégies d’investissement. »

Le développement extrêmement spectaculaire de la finance verte (23 000 milliards $, soit 26% de tous les actifs sous gestion en 2016, étaient dans des « investissements socialement responsables ») peut et doit être l’un des leviers majeurs de la transition écologique. Les investisseurs sont en attente d’indicateurs synthétiques leur permettant de comprendre l’impact environnemental de leurs investissements. Le GBS répond à ce besoin et l’empreinte biodiversité qu’il évalue peut être l’un des critères biodiversité de labels de finance verte.

Le Plan Biodiversité français s’inscrit dans un agenda international extrêmement porteur pour la biodiversité sur la séquence 2018-2020. Plusieurs événements majeurs auront lieu en France en 2018, 2019 et 2020 (ils sont indiqués en bleu sur le schéma ci-dessous), en particulier la 7ème plénière du panel scientifique international sur la biodiversité, l’IPBES, le G7 sous présidence Française qui aura une composante biodiversité significative, et le congrès mondial de l’Union International pour la Conservation de la Nature. Cette série d’événements devrait aboutir à l’établissement d’objectifs biodiversité post-2020 à la convention des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) à Pékin en 2020. La réduction de l’empreinte biodiversité des activités économiques pourrait être un objectif adopté par les pays membres de la CDB en 2020.